Le Tour des Tendances

3
mars
2009
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Nul ne sait d’où naissent les tendances. Il y a cependant des faisceaux d’informations qui se ressentent au fil des voix hertziennes, des magazines papier et de sites internet. Régulièrement j’essaierai de partager avec vous ces intuitions. Que vous pourrez commenter et compléter pour confirmer ou oublier.

Tout a probablement commencé par un reportage diffusé lors de l’émission de TV culte Tracks de la chaîne Arte, ou d’un programme de télé en ligne VBS.TV. Peut- être au fil des pages des articles généralistes mais pointus des fanzines VICE, Gustav, ou du magazine de cultures urbaines Shoes-UP. Tous nous ont présentés, avec leurs investigations de terrain et leurs styles, ces communautés de San Francisco qui ont décidé de remettre au goût du jour les vélos de course à pignon fixe qu’ils appellent « fixed gear ». Ce qui m’intéresse dans ce mouvement c’est qu’il profite de cette up-date pour customiser leurs vélos. Organisé en « crews » connectés entre eux en réseau ils personnalisent leur fixed bike à leurs couleurs ou à leur mode d’utilisation urbaine. Au début réservé au coursier new-yorkais, le Fixed devient un mode de déplacement urbain rapide et écologique, sans pour autant perdre sa fierté de rider élégant et racé. Au cœur de ces réseaux on trouve des ateliers et des fournisseurs de pièces détachées recommandés pour les aider dans la réalisation de leur création unique …

Le Fixed Bike est à sa source un très bel objet à la fois esthétique et épuré qui a réduit les fonctionnalités d’un vélo à son minimum. Sans frein ni éclairage son pilotage urbain est périlleux et classe sa pratique dans la catégorie des sports urbains extrêmes avec tous les codes liés à cette culture.

Construit dans les années 80 par les meilleurs ateliers de vélo qui fournissaient les coureurs de piste au sommet de leur notoriété, il répond bien au critère de la mode en plein « recyclage » de cette période eighties. A la fois discipline de free-ride et objet d’une époque que l’on aime de nouveau, le fixed bike a tout du produit tendance et peut être élu objet culte que l’on va s’approprier et donc customiser. Soi même, et en faisant appel à des spécialistes. Des experts du 2 roues qui sont avant tout des passionnés : Entre shapper de surfs et orfèvre en métallurgie, Jordan Hufnagel c’est fait une réputation mondiale par la qualité de ses vélos fabriqué à l’unité et qui définissent les codes esthétiques et repères techniques de la pratique:

Et puis ce mouvement porté par des passionnés, et relayés par des créatifs, va s’étendre géographiquement. En commençant par les zones très réceptives à la nouveauté surtout quand elles ont des résonances avec leur culture : Le japon, et sa pratique populaire du Keirin, où les jeunes branchés vont se rassembler pour créer leur propre communauté et son réseau. Le Japon apportant à la pratique de la personnalisation un niveau de détails et de raffinement proche de l’Art. À l’image du designer Ko5 et ses gravures d’accessoires que je trouve absolument exceptionnelles :

Puis à Londres où des crews vont se former pour rivaliser d’originalité et de personnalité. Londres bassin de toutes les tendances musicales va donc répercuter ces influences du moment sur la customisation de fixed bike empreintes de couleurs très flashies qui évoquent les poses de leur icône du moment la chanteuse M.I.A :

Enfin la « tendance » peut arriver en France … au départ par l’intermédiairee la marque Kulte, qui aime l’Amérique mais aussi l’authenticité d’un produit devenu rare et précieux à l’image de ses valeurs:

« Notre marque éternellement amoureuse du rétro et des beaux objets a été séduite par le fixed gear. Souvent issu de très anciennes productions « made in France ou Italie », il est devenu une pièce rare, difficile d’accès, que l’on peut chiner ou via internet, ou via le petit revendeur de cycles du coin de la rue. Les pièces sont souvent bricolées ou récupérées ça et là. In fine chaque vélo devient unique et personnalisable à l’infini ».

Kulte shopKulte fait donc appelle au photographe Cédric Viollet qui au cours de ses voyages a photographié la communauté de bikers londoniens. Mais aussi à l’atelier Cyclope qui anime le mouvement français avec son blog, sa boutique en ligne d’accessoires et de pièces détaché et un forum , pour donner lieu à un événement autour de la tendance ou elle présentera également ses réalisations personnalisées.

Et voilà … en moins d’un an une nouvelle tendance propice à la customisation est né. Un nouveau champ de création qui sur la base de micro-communautés culturels va se globaliser pour fonder ses propres repères, canaux de diffusion et d’échanges :

  • Un site où l’on peut retrouver des vidéos des pionniers de la discipline et des courses pirates, un magazine dédié qui se veut le porte parole du mouvement et de ses annonceurs ( vous pouvez télécharger le premier numéro de Fixed ici ),
  • Un forum ou tous les acteurs du monde entier peuvent s’échanger des astuces, des sources d’équipements, de l’actualité concernant leurs rencontres et des vidéos de leurs performances en groupe, un blog ou se retrouve les news et visuels de la communauté,
  • et même un festival de films qui a lieu chaque année chaque année dans 15 villes du monde autour de la passion du vélo et de sa nouvelle vague du fixed bike :

Autant de réseaux à la fois virtuels et réels qui donnent la possibilité à chacun d’apporter son influence et son style à la construction d’une culture.
Une culture à présent accessible au plus grand nombre, dont une partie aura besoin de s’approprier cette tendance comme un accessoire de mode qui se consomme vite et facilement. Où l’on passera du stade de l’atelier de « confection » de vélos customisés à l’écoute et aux contacts de son propriétaire, à l’étape de se sentir à seulement 3 clicks de son vélo personnalisé. Une clientèle qui aura besoin de repères fiables pour se décider en faisant appel aux marques établis qui auront compris ce besoin instantané tout en ayant intégrées cette tendance de la customisation d’un vélo urbain et branché.

La marque de vélo Treck vient de lancer son Project One qui permet à ses clients de se fabriquer le vélo de leur rêve.

trekbikes

Grâce à une très belle interface graphique, il est possible de choisir la couleur de son vélo dans une palette d’une vingtaine de nuances avant d’assembler ses accessoires les mieux adaptés à sa pratique. Avant la finition et la rencontre du distributeur local pour les derniers ajustements il est même possible de programmer un nom qui sera apposé sur le produit fini.

Par définition le fixed bike à un seul pignon fixe. Mais il faut plusieurs braquets pour naviguer entre les plaines éloignés de la tendance, en passant par le col de la mode, avant d’arriver au plateau d’un modèle économique rentable. Chaque étape nécessitant un mode d’observation différents mais interdépendants : La culture créative et indépendante a besoin pour s’animer de transmettre indirectement ses valeurs à des marques qui surfent sur la tendance avant de définir des standards d’adoptions et de démocratisation qui seront récupérés par les marques sprinteuses qui auront sues suivre au plus prêt cette chaîne de transmission en réseau pour apporter de la fraîcheur à leur marché établi et se démarquer du peloton.

De biens beaux voyages en perspective …

Et vous ? ressentez vous vous d’autres tendances qui pourraient se fédérer en energie créative de groupes et générer de belles customizations ?

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